Un jeu télévisé pour découvrir la France (1990)



« Nancy »
Cherchez la France
04/04/1990
FR3

 

L’hélicoptère, c’est bien commode pour découvrir une ville comme Nancy.

Comment cette vidéo éclaire le patrimoine?

Dans le jeu Cherchez la France, deux candidats s’affrontent pour découvrir une ville française grâce à une série d’indices donnés par les deux animateurs. Ces indices concernent l’histoire, la culture, la gastronomie, les traditions et les personnages célèbres de la ville à trouver.

A la fin de chaque émission, les candidats (et les téléspectateurs) sont récompensés par un sujet filmé qui présente la ville mystère. Ici, c’était Nancy qu’il fallait trouver. Le journaliste Pierre Bonte (qui coprésente l’émission avec Vincent Perrot) commente le sujet en voix off. Il présente ici les quartiers historiques de la ville et passe en revue ses principaux monuments, montre ses petites rues, fait des éloges aux grands personnages comme « Stanislas le magnifique », et déroule les pièces du musée de l’art nouveau.

Ce qui l’intéresse est surtout le patrimoine « noble », les lieux de pouvoir, et globalement tout ce qui est ancien. Il s’agit donc d’une conception très classique du patrimoine.


Commentaires

Analyse média

Cherchez la France est le deuxième jeu télévisé qui fait appel au patrimoine. Le premier était Tous contre trois et avait été commandé pour l’Année du Patrimoine, en 1980. Ici, ce jeu n’est pas lié à une actualité particulière.

A la différence de Tous contre trois, qui était un peu élitiste avec des questions réclamant une certaine érudition, Cherchez la France est un jeu populaire, comme cela se voit au ton jovial des animateurs et au décor coloré. L’élocution très particulière de Pierre Bonte tranche également avec celle des commentaires habituels des émissions sur le patrimoine pour se rapprocher des voix de films promotionnels.

Détail à noter
Le journaliste Pierre Bonne s’est fait une spécialité de connaître les petites villes et villages de France dans ses émissions radiophoniques. Il prolonge, ici à la télévision, cette passion en mettant à profit sa connaissance du pays.

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Un jeu télévisé pour découvrir la France (1990)
Cherchez la France, un jeu télévisé sur FR3

 

     Pour promouvoir la défense du patrimoine, Vincent Perrot et Pierre Bonte ont préféré aux doctes commentaires et aux images bien léchées le style décontracté des jeux populaires et des pique-niques à la campagne. Une télévision « à accents », qui prend le temps de vivre.

     Une émission consacrée à la promotion du patrimoine français et rattachée à une unité de programme essentiellement vouée aux divertissements et variétés : voilà qui est significatif d’une politique. Depuis qu’elle a créé de toutes pièces ce secteur à FR 3, Sabine Mignot s’efforce de prouver que la notion de genre n’a pas grand sens, que vedettes, gens de rue ou monuments historiques ont également besoin de scénarios, d’accroches, de belles images, bref, de traitements spécifiquement télévisuels. Résultat : chaque semaine, près de quatre millions de téléspectateurs fidèles (huit à neuf points Audimat en moyenne) suivent, à une heure de grande écoute, les pérégrinations de « Cherchez la France ».

     Il faut dire qu’on a pris soin d’habiller l’émission de formes qui séduisent presque à tous les coups. Pas de doctes commentaires passant en revue, sur fond de clavecin, les charmes insoupçonnés des châteaux de la Loire, pas de plans qui s’attardent sur des miracles supposés d’architecture. Du rythme, des reportages courts, et, suprême astuce, un jeu qui fournit un fil directeur, crée une sorte de suspense et permet, surtout, au spectateur de remuer ses souvenirs de collège ou ses anecdotes de voyage.

     Vincent Perrot pour le dynamisme, Pierre Bonte pour la réflexion et les commentaires. C’est lui qui imprime en quelque sorte la marque du terroir. Non pas que ce « monsieur communes françaises » se soit senti, d’emblée, une vocation de grand militant de nos régions. Pendant 24 ans il a fait des émissions sur les régions. « Durant tout ce temps là, sur Europe 1, Pierre Bonte a salué les derniers forgerons, les boulangers qui font le pain comme autrefois, les centenaires qui égrènent leurs souvenirs comme les noms d’un carnet de bal. « Bonjour, monsieur le maire », c’était une suite d’anecdotes bon enfant, de témoignages colorés qui finissaient par former la trame d’une France paisible évoquée dans tous ses accents. » […]

     « C’est tout Bonte » sur TF1, le samedi matin, est né directement de ces expériences. Même si le principe de « Cherchez la France » est un peu différent, on retrouve, d’un reportage à l’autre, ce gout pour les histoires de village, les personnages hauts en couleur et les activités spécifiques du coin, telles que la Feria de Nîmes ou la bouillabaisse Marseillaise. Du coup on comprend mieux le double patronage du ministère de la culture et du secrétariat d’Etat au tourisme. Il s’agit tout autant de promenades dominicales, d’images ensoleillées, de pique-niques à la campagne que de défense du patrimoine.

     On parle de bons vins, d’histoires d’alcôve, on se laisse bercer par un chien qui aboie dans le lointain ou par un clocher qui sonne la grand-messe. « Je ne mène pas de combat, explique Pierre Bonte, et je ne me suis jamais senti l’âme d’un professeur. Je n’ai même pas la prétention de faire une émission culturelle, tant le mot est galvaudé. J’essaie simplement de distraire mes spectateurs et d’apporter quelques informations à des gens qui, bien souvent, ne sont pas des familiers de la lecture. »

     Une télévision-miroir, à l’écart des agitations parisiennes ; une télévision « à accents » qui de saison en châteaux prend le temps de vivre et n’hésite pas à marcher dans la boue.

 

Jean-Louis André, « Les promenades du dimanche »,
Le Monde Radio Télévision, supplément au n°13144
du 4 au 10 mai 1987, p. 21