Fiche biographique: André Malraux

 

 

 

 

 

 

André Malraux

(1901-1976)

 

Aventurier, romancier, compagnon de route du général de Gaulle, André Malraux est nommé par ce dernier ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles en 1959. C’est la première fois qu’un gouvernement crée un poste dédié à la Culture. André Malraux en hérite en raison de ses affinités avec le fondateur de la Ve République, mais aussi du fait de sa passion pour la littérature et les arts. De ses aventures en Asie, d’où il a rapporté des objets d’arts volés, il tire des ouvrages qui lui valent une renommée internationale.

Ministre, André Malraux définit une politique culturelle dont l’objectif est de mettre à la disposition du plus grand nombre les grandes créations artistiques. Son souhait est de faire accéder tout un chacun à la culture. C’est une forme de démocratisation de la culture, mais sa vision est également élitiste. Pour lui, la culture, c’est d’abord la culture classique, celle de l’élite.

Pour autant, tous les domaines artistiques l’intéressent, aussi bien les œuvres anciennes que la création contemporaine. Il commande à Marc Chagall une fresque pour le plafond de l’Opéra Garnier. Il apprécie l’architecture des XIX et XXe à une époque où elle n’est pas encore reconnue par tous les spécialistes. Si les Beaux-Arts ont sa préférence, il apprécie aussi l’art populaire, comme en témoigne son intérêt pour le palais idéal du facteur Cheval.

Malraux voit l’art comme quelque chose qui transcende l’individu, et pour lui l’art ne peut s’expérimenter que par un contact visuel avec les œuvres. Même s’il se méfie de la télévision, il la trouve utile pour son projet de « musée imaginaire » qui rassemblerait virtuellement un très grand nombres d’œuvres d’art remarquables. Malraux pense en particulier que la télévision peut permettre de ressentir l’aura des œuvres et de saisir le génie du geste de l’artiste.

 

 

 

 

 

Sa définition du patrimoine ▶︎

Fiche biographique: André Malraux

Le ministre André Malraux au sujet du patrimoine

     Au siècle dernier, le patrimoine historique de chaque nation était constitué par un ensemble de monuments. Le monument, l’édifice, était protégé comme une statue ou un tableau. L’État le protégeait en tant qu’ouvrage majeur d’une époque, en tant que chef-d’œuvre.
Mais les nations ne sont plus seulement sensibles aux chefs-d’œuvre, elles le sont devenues à la seule présence de leur passé. Ici le point est décisif : elles ont découvert que l’âme de ce passé n’est pas faite que de chefs-d’œuvre, qu’en architecture un chef-d’œuvre isolé risque d’être un chef-d’œuvre mort. »

 

Malraux André, « Présentation du projet de loi complétant la législation sur la protection du patrimoine historique et esthétique de la France et tendant à faciliter la restauration », 23 juillet 1963.
J.O. Débats Assemblée nationale, n° 67, 24 juillet 1962, p. 2775-2780 (source)