Fiche: d’élitaire à populaire

 

fiche analyse

 

à retenir

  • Tous les Français ne se sont pas toujours intéressés au patrimoine
  • On peut parler d’une démocratisation du patrimoine en France au XXe siècle
  • Cela a été réalisé grâce à l’école, au médias et à l’action de l’État

 

autres fiches

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Les pratiques culturelles des Français

 

 

 

 


Comment éduquer les enfants au patrimoine?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment le patrimoine est-il devenu aussi populaire?

 

Longtemps le patrimoine n’a intéressé qu’une élite, mais à partir des années 1960 de nouvelles catégories s’en sont préoccupé.

Il a fallu plusieurs décennies pour qu’il devienne populaire et qu’une majorité de Français y soient intéressés. Le journaliste Pierre de Lagarde, présentateurs de Chefs d’œuvre en péril, au cours de ses voyages en France dans les années 1960 et 1970, a constaté la diffusion de cet intérêt. Il en était d’ailleurs très satisfait:

« Mais alors que les défenseurs clairvoyants et généreux du XIXe siècle, comme Hugo, Montalembert, Barrès, Arcisse de Caumont se recrutaient dans l’aristocratie ou dans la bourgeoisie, aujourd’hui ils se recrutent dans toutes les classes de la société. »
(Bulletin de presse Antenne 2 du 11 décembre 1977).

Il a en effet rencontré et encouragé des ouvriers et agriculteurs passionnés qui protégeaient et restauraient des sites patrimoniaux sur leur temps libre, et les y a encouragés en leur faisant de la publicité et en leur accordant une aide financière.

 

Vers un tourisme patrimonial de masse

Visite des anciens bains-douche piscine de Roubaix (1990)

Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, les Français sont de plus en plus nombreux (et divers) à faire du tourisme autour des lieux patrimoniaux. Ils se dirigent prioritairement vers le patrimoine « classique » et les « vieilles pierres » mais apprécient aussi d’autres genres, comme l’architecture des XIXe et XXe siècle, l’héritage industriel, et tous les patrimoines de leurs régions, même petits. Ainsi à Roubaix, en 1990, un édifice a reçu un nombre inattendu de visiteurs: les anciens bains-douche-piscine (voir vidéo).

Comme à Roubaix en 1990, les Journées du Patrimoine ont encouragé ces visites.

Excursion au Mont-Saint-Michel (1997)

 

Le tourisme progresse à tel point qu’on peut parler, pour les années 1980, d’un début de la massification du tourisme patrimonial.

Toutefois, ce tourisme de masse n’est pas sans occasionner certains problèmes, notamment une forte pression sur l’espace et les ressources: les touristes arrivent en grand nombre et certains lieux ne sont pas prévus pour un tel afllux de visiteurs. Voir cet exemple au Mont-Saint-Michel.

 

Un public plus populaire et plus jeune

Jusque dans les années 1950, les Français intéressés étaient plutôt âgés. Dès la fin des années 1960, avec l’engouement pour les églises et les châteaux à réparer, des adolescents ont commencé à passer leur été sur des chantiers de restauration (par exemple organisés par le Club du Vieux Manoir).

Le public du patrimoine a rajeuni avec le temps.

Le patrimoine est devenu un loisir culturel plus populaire que le spectacle vivant et que la visite au musée ou à l’exposition (voir graphique ci-contre). On constate tout de même que la visite du patrimoine n’est pas régulière pour une majorité de Français, et même à la fin du XXe siècle, certains ne vont toujours pas visiter les lieux patrimoniaux.

 

L’éducation des enfants

Une classe de découverte du patrimoine (1990)

Les petits français sont particulièrement sensibilisés au patrimoine depuis la fin du XXe siècle. Selon un sondage BVA de 2000, 97% des Français jugeaient important de donner aux enfants une éducation au patrimoine.
Dans les années 1990, les programmes scolaires ont intégré la notion de patrimoine avec l’étude de monuments et de documents dits « patrimoniaux », c’est à dire ayant une importance dans l’histoire et le sentiment national.
On peut aussi parler du nombre croissant d’élèves qui vont visiter des sites et des monuments. Un reportage de 1990 montre par exemple la création d’une classe du patrimoine pour des élèves de primaire. Une telle initiative a depuis été copiée dans toutes les régions.

A noter: les élèves avec leurs professeurs, comme les enfants avec leurs parents, sont appelés des « publics captifs » c’est-à-dire qu’ils sont contraints de venir. Cela ne les empêche pas de développer un intérêt réel pour le sujet.

Dès la fin des années 1970, les musées français ont cherché à toucher davantage le jeune public. Les enfants font désormais l’objet d’un accueil spécifique dans les musées et les sites, avec des ateliers, des activités de groupe, des parcours spécifiques.
L’intérêt de cibler les enfants, selon les professionnels de la culture, c’est de les sensibiliser très tôt pour qu’une fois adultes ils soient toujours intéressés et préoccupés par le sort du patrimoine.

 

Bilan

Le patrimoine n’est pas devenu populaire du jour au lendemain, il a fallu un long travail de pédagogie et de sensibilisation. Ce travail a été accompli par les campagnes publiques, par les médias, par l’école.
On peut parler d’une démocratisation du patrimoine au XXe siècle puisque de plus en plus de Français s’y sont intéressé.
Malgré quoi, il ne faut pas oublier qu’une partie des Français n’a toujours aucun contact avec le patrimoine.

Fiche: d’élitaire à populaire