Fiche: du public passif au public actif

 

fiche analyse

 

à retenir

  • la politique du patrimoine a d’abord été paternaliste et élitiste
  • le public s’est en partie émancipé des choix des professionnels

 

chronologie

  • années 1960: un patrimoine classique ▶︎

autre fiche

  • quand le patrimoine n’intéressait qu’une petite élite ▶︎

  fiche biographique

 

 

 

chronologie

  • années 1970: le petit patrimoine ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

chronologie

  • 1980, Année du Patrimoine ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

chronologie

  • année 1990, une notion toujours plus proche des Français ▶︎
  • comment le patrimoine est devenu populaire ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-on dire que le public du patrimoine est passé d’un rôle passif à un rôle actif ?

 

Longtemps, les seuls qui ont réfléchi au patrimoine, c’étaient les personnels des administrations. Il était une affaire de spécialistes, eux seuls réfléchissaient à la définition de la notion et choisissaient ce qui méritait d’être appelé « patrimoine ».

Puis, à partir des années 1970, le public a commencé à être associé aux décisions sur le patrimoine. Il l’a depuis été de plus en plus.

 

On peut schématiquement distinguer quatre phases:

Années 1960: le patrimoine est la prérogative des experts et des savants

Le public est le destinataire de toutes les initiatives en matière de patrimoine, mais il n’est pas consulté en amont. Les professionnels de la culture ont encore une vision très paternaliste et élitiste: le public doit être guidé et il faut lui apprendre à aimer la « haute » culture. Le ministre de la culture André Malraux a par exemple une vision verticale : tout part d’en haut pour aller vers le bas, soit des experts vers le public.

 

Années 1970: les citoyens se sont de plus en plus intéressés et donnent leur approbation aux entreprises de conservation, voire s’y associent

Un peu plus sensibilisés qu’avant, les Français s’expriment davantage sur les choix politiques.

C’est aussi l’une des conséquences de l’invention d’un patrimoine populaire qui associe les personnes qui en conservent les traces. Par exemple, des chercheurs appelés ethnographes font l’inventaire des souvenirs et des traditions populaires dans des régions rurales.

 

Années 1980: le public est associé à la patrimonialisation, aux choix et aux orientations de la politique du patrimoine

Une année de questions autour du patrimoine (1980)

Les quatre dernières années de la présidence de Valéry Giscard d’Estaing sont marquées par une volonté d’ouvrir davantage le patrimoine aux Français. Cela s’observera pleinement en 1980, lors de la campagne de l’Année du Patrimoine: les Français seront invités à définir ou redéfinir la notion de patrimoine, le ministère de la Culture promettant de les écouter et d’adapter sa politique en conséquence. Suite à quoi le public sera beaucoup plus consulté par les différentes institutions.

 

Années 1990: certains Français s’autorisent à déclarer patrimoine les objets qui leurs sont chers sans attendre la reconnaissance officielle des institutions

Les Français n’ont plus besoin d’attendre que les institutions leur disent ce qui est du patrimoine, certains sont capables d’inventer eux même du patrimoine en utilisant les bons arguments (histoire, mémoire, esthétique…).

A Longwy le patrimoine industriel peine à être reconnu (1997)

Exemple: le patrimoine industriel, qui semble être d’abord défendu par des associations de terrain, puis par l’Etat. La dynamique peut désormais aussi venir du bas vers le haut.

 

Bilan

Ainsi, depuis la fin des années 1970, le public n’est plus écarté des décisions. On peut alors dire que le patrimoine est co-construit par les spécialistes et par le public, même si les deux ne sont pas totalement à égalité.

Fiche: du public passif au public actif