Fiche: la passion pour le patrimoine

 

fiche analyse

 

à retenir

  • Parce qu’ils font beaucoup de visites
  • Parce qu’ils lisent des magazines et regardent beaucoup d’émissions sur le sujet
  • Parce qu’ils se disent intéressés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

chronologie

  • 1980, Année du Patrimoine ▶︎
  • De manière plus générale, voir le parcours chronologique dans son intégralité ▶︎

  autre fiche

  • le patrimoine n’est pas l’histoire ▶︎

 

 

 

 

 

 

  autre fiche

  • quand le patrimoine n’intéressait qu’une petite élite ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  autre fiche

  • comment le patrimoine est devenu populaire ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  autres fiches

 

 

 

 

fiche biographique

 

 

Pourquoi peut-on dire que les Français ont une passion pour le patrimoine ?

 

Une passion française

Les Français auraient une passion pour le patrimoine. C’est ce qu’affirment beaucoup de spécialistes et de personnalités publiques. Beaucoup de Français, c’est vrai, se déclarent intéressés.

En 2016, 49% des français se déclaraient attachés à la défense du patrimoine.

On peut retracer l’origine de cette passion: c’est en 1980, pour l’Année du Patrimoine, que les Français vont manifester un attachement nouveau au patrimoine et se déclarer ouvertement passionnés.

Cette passion pour le patrimoine est à rapprocher d’une autre: les Français seraient, plus que tout autre peuple, passionné d’histoire (de leur histoire en tout cas). Ces deux passions sont régulièrement affirmées dans des déclarations publiques et dans les médias. Elles se répondent, même si –attention– le patrimoine n’est pas tout à fait équivalent à l’histoire.

En tout cas, depuis les années 1980, nous sommes convaincus que les Français ont un rapport particulier avec le patrimoine, même si le cas français est rarement comparé avec d’autres pays – alors que la sensibilité au « cultural heritage » est également très développée au Royaume-Uni.

 

Une passion relativement récente

Aujourd’hui, la passion pour le patrimoine dépasse les classes sociales et les tendances politiques. Cela n’a pas toujours été le cas.

Depuis la fin du XXe siècle, le goût pour le patrimoine est partagé par toutes les catégories, aisées comme moyennes et modestes. Cette passion dépasse aussi les tranches âges.

A noter: depuis 2010, le magazine Des racines et des ailes propose une fois par mois un numéro titré « passion patrimoine ». Il s’agit de reportages qui vont davantage montrer des personnes passionnées, souvent des bénévoles ou de simples amateurs. La formulation de l’émission est donc censée refléter l’état d’esprit des Français.
Les établissements thermaux d’Auvergne (2014)

 

Une passion partagée

Cette passion est partagée entre les Français, c’est à dire qu’elle n’est plus limitée à une catégorie sociale particulière.

On peut parler de passion partagée quand plusieurs Français se passionnent pour le même monument (le château de Versailles par exemple). Mais aussi quand il s’agit de monuments différents: par exemple, un Toulousain avec le Capitole et un Rennais pour le Parlement de Bretagne, ne partagent pas le même monument mais bien la même passion.

Le phénomène est tellement développé qu’on peut parler de passion collective dans le sens où elle est partagée par une large majorité de Français. Elle s’observe donc à plusieurs échelle: collective (nationale), individuelle et familiale (puisque les visites se font surtout en famille).

 

Quelles sont les conséquences de cette « passion » des Français pour le patrimoine?

  • Les Français aiment le patrimoine: c’est en tout cas ce qu’ils déclarent, ils investissent du temps, certains y dédient un budget (visites et dons), d’autre de l’énergie (bénévolat).
  • Cette passion justifie la protection du patrimoine: Puisque les Français aiment le patrimoine et qu’ils sont nombreux à le visiter, alors il est nécessaire de l’entretenir. Elle encourage donc les mesures de protection.
  • Les bénévoles passionnés sont des ardents défenseurs du patrimoine, qu’il soit officiellement protégé ou non, et militent pour la reconnaissance de nouveaux types; par exemple ce sont les associations qui ont permis la reconnaissance du patrimoine industriel dans le Nord et l’Est de la France.

Un professionnel de la restauration parle de sa passion pour une église de Toulouse.

Les associations qui militent dans les années 1990 pour la reconnaissance du patrimoine industriel

 

Qui s’est donné cet objectif de faire aimer le patrimoine aux Français?

  • Les spécialistes : métiers de la culture, professionnels de la médiation.
  • Les journalistes: pour cela ils essaient de leur donner des clés pour apprécier le patrimoine quand les lecteurs-auditeurs-téléspectateurs vont le visiter.
  • Les ministres de la Culture: le premier, André Malraux, voulait que la population française soit plus sensibilisée à la culture; il pensait que l’art permettrait d’élever les individus et de souder la communauté nationale. Ses successeurs ont continué eux, entre autres pour justifier politiquement leur action: si les Français disent qu’ils aiment le patrimoine, alors cela veut dire que le travail des ministres de la Culture est nécessaire.

A noter: Le ministère de la Culture, quand il est créé, ne reçoit pas seulement pour mission de protéger le patrimoine, mais aussi de le faire connaître : il doit « assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel » (décret du 24 Juillet 1959).

 

 

Cette passion est-elle une obsession?

C’est la question qu’on peut se poser quand on voit parfois l’importance cruciale que semble avoir le patrimoine. Beaucoup d’objets, beaucoup de lieux, sont investis d’un énorme poids symbolique et mémoriel ; chaque destruction est vécue comme un drame ; beaucoup de travaux annoncés suscitent des polémiques. Les Français ont faim de patrimoine et semblent en vouloir toujours plus.

Il y a plusieurs interprétations à cet état d’esprit. Il faut aller chercher du côté du rapport au passé et au futur, et du rapport à l’identité.

Bibliographie
  • Caune Jean, « La politique culturelle initiée par Malraux », Electronic Journal of Humanities and Social Sciences, 13 avril 2005 ▶︎
Fiche: la passion pour le patrimoine