Fiche: Le traitement genré

 

fiche analyse

 

à retenir

  • Les hommes et les femmes ne sont pas égaux ni dans le monde professionnel, ni dans les médias
  • Dans les métiers du patrimoine, les fonctions les plus élevées sont attribuées à des hommes
  • Les médias reproduisent les stéréotypes masculins et féminins

 

 

 

 

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  • Les métiers du patrimoine ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Pourquoi les hommes et les femmes ne sont-ils pas représentés de la même façon quand il est question de patrimoine ?

 

A première vue le patrimoine n’est pas un sujet réservé aux hommes ou aux femmes et peut intéresser tout le monde. D’ailleurs, les programmes de télévision s’adressent toujours à un public familial. Pourtant, la manière dont il est présenté, notamment dans les médias, ne prête pas les mêmes qualités aux hommes et aux femmes.

 

Hommes et femmes à la télévision

La très grande majorité des experts sollicités par les journalistes sont des hommes – d’ailleurs la majorité des présentateurs d’émissions sur le patrimoine sont aussi masculins. Dans les années 1960, le premier reporter spécialisé, Pierre de Lagarde, avait exclusivement des interlocuteurs masculins (et souvent même des prêtres). Sa vision est d’ailleurs très paternaliste: il voit le public comme une masse globalement ignorante qu’il faut guider vers le bon goût.

L’exception notable à la télévision est Magdeleine Hours, qui présentait toute seule l’émission Les Secrets des chefs d’œuvre. Magdeleine Hours est à la fois présentatrice, experte et en position d’autorité puisqu’elle était conservatrice et directrice du musée du Louvre: triple exception.

 

Qui sont les femmes que l’on voit habituellement à la télévision?

  • Des présidentes d’associations de défense du patrimoine
  • Des passionnées (Extrait: DRDA Auvergne villes d’eau)
  • Des conservatrices
  • Des restauratrices
Dans les coulisses du Louvre (1998)
Les médecins des tableaux (1980)
Que va-t-il rester du passé de Grenoble? (1964)

Si on peut voir beaucoup de femmes restauratrice, on voit en revanche peu de femmes conservatrices à la télévision. Les femmes sont davantage montrées dans des fonctions sans pouvoir: être présidente d’association, surtout dans les années 1950 et 1960, est considéré comme un passe temps pour des femmes des catégories cultivées. Les bénévoles, également, ont peu de responsabilités et peu de pouvoir.

Ce reportage du JT sur l’institut national du patrimoine a donc le mérite de montrer à la fois un étudiant et une étudiante, tous les deux ayant le même statut et les mêmes qualifications.

 

Les journalistes ont choisi une étudiante intéressée par le textile ; s’agit-il aussi d’un biais sexiste? A vous de vous faire votre avis.
L’INP, l’école du patrimoine (2014)

 

Les métiers du patrimoine sont assez masculins

Il faut rapprocher du fait que les métiers les plus importants du patrimoine sont généralement exercés par des hommes, comme les postes de conservateurs, d’inspecteurs et d’architectes des monuments historiques et des bâtiments de France. Ces professions sont assez peu « féminisées » c’est à dire que les femmes y accèdent encore peu.

Montrer des conservatrices permet donc de voir des femmes exerçant des métiers à responsabilité et avec du prestige et du pouvoir, l’effet est donc positif et permet aux femmes téléspectatrice de s’identifier.

La première femme nommée Directrice du Patrimoine fut Maryvonne de Saint-Pulgent (de 1993 à 1997), et la première ministre de la Culture fut Catherine Trautmann (de 1997 à 2000), deux postes clés dans le domaine du Patrimoine, habituellement attribués à des hommes.

D’une certaine façon, les journalistes de télévision, par leurs choix, reflètent cette inégale présence des hommes et des femmes dans ce milieu professionnel.

 

Quand les femmes sont-elles privilégiées?

A Rennes, le parlement de Bretagne en flammes (1994)

Là où les femmes sont en revanche très présentes à la télévision, c’est dans les séquences « émotion ». Dès qu’il s’agit de montrer des émotions et des larmes, les femmes sont surreprésentés. C’est parce que, dans les représentations stéréotypées de genre, la féminité s’accompagne de qualités comme l’empathie et la sensibilité. C’est même d’ailleurs très certainement de façon conscience que les journalistes recherchent les témoignages de femmes pour susciter la sympathie des téléspectateurs.

 

Bilan

Alors que rien ne l’y destinait a priori, le patrimoine a finalement fait l’objet de ce qu’on peut appeler un traitement genré: hommes et femmes n’y sont pas présentés de la même manière. Hormis les exemples cités ici, la présence masculine est écrasante à la télévision dès qu’il est question de patrimoine. Il est donc présenté comme une affaire d’hommes.

Est-ce propre au patrimoine? Non : de nombreux autres sujets médiatiques mobilisent les mêmes stéréotypes féminins et masculins.

Fiche: Le traitement genré