Fiche: les polémiques

 

fiche analyse

 

à retenir

  • elles sont nombreuses parce que les médias en sont friands
  • elles sont un signe du débat démocratique sur le patrimoine
  • elles sont un signe de l’intérêt de plus en plus partagé des Français

 

 

 

 

 

 

 

autre fiche

  • Quand la télévision vient au secours du patrimoine ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

fiches biographiques

  • Pierre de Lagarde ▶︎
  • Louis Bériot et Michel Péricard ▶︎

 

à voir sur ina.fr

  • Un sujet de JT sur l’affaire du manuscrit d’Émile Zola ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 chronologie

  • années 1970: la métamorphose des centre-ville ▶︎

  à voir sur ina.fr

  • La métamorphose de la gare d’Orsay en musée ▶︎
  • L’architecte Andrée Putman explique son travail sur l’entrepôt Laîné ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment fonctionnent les polémiques qui touchent au patrimoine ?

Tout comme les traumatismes, les polémiques sont utiles pour comprendre comment les Français se sont éveillés au patrimoine. Or, depuis les années 1960, les Français ont assisté à de nombreuses polémiques autour du patrimoine.

 

La télévision en est une caisse de résonance

Les médias ont toujours aimé les polémiques. A l’origine, le patrimoine est un sujet d’expert qui intéresse un petit cercle d’érudits et de spécialistes. A partir du moment où le patrimoine devient un sujet d’actualité, les médias se sont mis à relayer les polémiques le concernant. En touchant une opinion au-delà des premiers intéressés, les médias mobilisent parfois une opinion large et fonctionnent comme une caisse de résonance.

 

Dans certains cas, les polémiques débutent sur le petit écran

Chefs d’œuvre en péril et La France défigurée sont deux émissions qui ont particulièrement contribué à créer et à alimenter des polémiques autour du patrimoine. Elles y sont parvenues en sélectionnant des sujets susceptibles de heurter les spectateurs, et leurs reportages sont servis par des images choc ; mais plus encore c’est le ton indigné qui a donné de la force aux prises de position.

Les journalistes de télévision recherchent fréquemment la polémique. On l’avait vu avec La France défigurée, dans laquelle les présentateurs montraient volontairement des images choquantes autour de sujets qu’ils pensaient fédérateurs (la pollution des plages, l’enlaidissement des paysages par des constructions modernes…).

 

La fin des polémiques?

Les polémiques déclinent après les années 1970 parce que les grandes crises sont terminées. Elles avaient servi à attirer l’attention des pouvoirs publics sur des patrimoines en dangers ; or un grand nombre de mesures ont été prises entre les années 1960 et 1980, et de fait il n’y a plus d’urgence patrimoniale en France.

Aucune autre émission n’aura le même ton que La France défigurée et Chefs d’œuvre en péril, et depuis la fin du XXe siècle, le ton des programmes est plus apaisé. Ce qui n’empêche pas de voir apparaitre encore aujourd’hui des polémiques de manière occasionnelle, mais elles n’ont plus la même ampleur qu’au siècle dernier.

 

Les polémiques sont fortement médiatisées

Les drames sont de différentes natures, mais ils ont à peu près le même fonctionnement :

  • une alerte est lancée par une personne proche du dossier
  • des spécialistes s’expriment
  • les médias locaux ou régionaux s’emparent de l’affaire
  • les médias nationaux reprennent l’affaire et lui donne une large audience
  • des personnalités publiques et meneurs d’opinion prennent éventuellement position
  • l’opinion est affectée
  • elle réagit en interpellant les pouvoirs publics et administrations concernées

Grace aux relais dans les médias, ils font toujours réagir l’opinion. Mais ces mouvement d’opinion durent rarement longtemps : l’émotion s’apaise vite, notamment à cause du cycle médiatique qui voit l’actualité se renouveler rapidement.

On peut trouver répétitives ou pesantes ces polémiques parfois bruyantes, elles sont tout de même le signe d’un fonctionnement de plus en plus démocratique du patrimoine, dans la mesure où le grand public a désormais aussi son mot à dire. Toutefois, les émotions ne sont pas toujours bonnes conseillères, et aux passions vives il faut aussi savoir opposer des arguments scientifiques.

 

Les différents types de polémiques

1. Quand les patrimoines sont en danger

C’est le type de polémique le plus fréquent: quand un site naturel, historique ou un édifice est menacé de disparaitre faute d’entretien ou par une volonté délibérée de le détruire en tout ou partie.

Quand le tourisme de masse enlaidit les plages (1982)
Une usine menace le paysage et la tranquillité d’un village (1972)

Les exemples sont nombreux et deux émissions de télévision se sont pratiquement spécialisées dans ces polémiques: Chefs d’œuvre en péril de Pierre de Lagarde et La France défigurée de Louis Bériot et Michel Péricard.

 

Les journaux télévisés ont aussi relayé les polémiques les plus vives. En 1987 par exemple, certains ont craint que le manuscrit du « J’accuse » de Zola ne soit vendu à l’étranger.

 

L’avenir incertain des Halles de Paris (1968)

2. Les polémiques sur des restaurations

La manière dont les édifices anciens sont restaurés peut être très différente selon les choix des commanditaires et l’identité des architectes. Les polémiques surviennent souvent quand le projet prévoit de faire coexister les styles anciens et moderne, ou quand le résultat annoncé diffère fortement de la situation antérieure. Par exemple, les maquettes montrant des projets modernes pour le quartier des Halles, à Paris, a suscité en 1968 une grande émotion chez les Parisiens.

La restauration d’une basilique de Toulouse fait polémique (1989)

La polémique de Saint-Sernin est une autre longue affaire qui voit s’opposer une partie des Toulousains et le ministre de la culture. Deux camps s’opposent : l’un souhaite que les travaux redonnent à Saint-Sernin l’apparence qu’elle avait avant les travaux de Viollet-le-Duc ; l’autre veut conserver son apparence d’alors. Les arguments sont de nature historique et esthétique. La télévision régionale a beaucoup relayé cette polémique comme on le voit ici:

 

3. Les polémiques sur des aménagements

Souvent, ce qui choque tient à la manière dont l’aménagement modifie visuellement un site ou un monument. Et là encore, la confrontation de l’ancien et du moderne est souvent mal accepté.

Le Louvre va changer de visage (1984)

La pyramide du Louvre a fait l’objet d’une des plus vives polémiques de la fin du XXe siècle. Le dévoilement de ce projet, en 1984, a effrayé une partie de l’opinion, qui ne souhaitait pas qu’une gigantesque pyramide de verre trône au centre de l’ancien palais des monarques français. Le contraste entre l’architecture classique du palais et le style moderne de la pyramide était jugé choquant par les détracteurs du projet.

Le 9 février 1984, Christine Ockrent lance un sujet en prévoyant une jolie polémique : le projet de la pyramide du Louvre vient d’être dévoilé au public. La polémique ne s’apaisera qu’à partir de la réouverture au public du musée, en 1988.

 

4. Les monuments changent d’affectation

Après leur redécouverte au cours des années 1960, de nombreux centre-villes anciens, mais aussi des monuments, sont réhabilités dans les années 1970: c’est-à-dire qu’ils sont remis en état et qu’on leur confie une nouvelle affectation.

Ces changements occasionnent, eux aussi, un certain nombre de polémiques. L’un des meilleurs exemples est la gare d’Orsay qui devient un musée après avoir failli disparaitre.

Contre-exemple à Bordeaux dans les années 1980, où l’entrepôt Laîné, rénové et transformé en centre culturel et galerie d’expositions, n’a pas suscité de critique en raison des choix mesurées de son architecte Andrée Putman.

 

Les Halles du Boulingrin posent problème à Reims (1999)

5. Les patrimoines contestés

Il s’agit des cas où il y a débat sur le caractère patrimonial d’un lieu ou d’un objet.

Les Halles du Boulingrin, à Reims, ont longtemps divisé la population. Afin d’éviter leur destruction elles ont été classées monument historique par le ministère de la Culture, une décision contestée en 1999 par l’équipe municipale et une partie des Rémois.

 

 

Polémique: une maison close classée monument historique (1998)

Autre exemple: une maison close de la rue Blondel, à Paris, a été classée monument historique en 1998, et cette décision n’a pas fait l’unanimité.

Alors que pour les Halles de Reims le débat portait sur leur apparence, pour la maison close il concernait davantage la fonction originelle du lieu.

 

 

Bibliographie
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