Fiche: l’étranger

 

fiche analyse

 

à retenir

  • Les Français s’intéressent d’abord au patrimoine français
  • Le patrimoine étranger est minimisé
  • Son traitement est réducteur et franco-centré

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

autre fiche

  • Le tourisme patrimonial ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

autre fiche

  • les catastrophes en France ▶︎

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à découvrir sur Wikipedia

  • Les bouddhas de Bâmiyân ▶︎
  • La cité antique de Palmyre ▶︎

à voir sur ina.fr

  • Un documentaire de 2000 sur Palmyre ▶︎

 

 

 

Pourquoi le patrimoine étranger intéresse-t-il si peu les Français, et comment est-il présenté ?

 

Les médias français se préoccupent quasi-exclusivement du patrimoine de métropole, et ne montrent presque pas celui d’outre-mer ou celui de l’étranger. Quelles explications peut-on proposer à cette situation? Quelques hypothèses:

  • Le patrimoine français est si important en nombre qu’il monopolise l’attention des médias et des citoyens;
  • les Français considèrent que le patrimoine français est suffisamment riche pour qu’ils aient à s’intéresser à celui d’autres pays;
  • le patrimoine étranger est considéré comme inférieur à celui de la France;

Ces hypothèses sous-entendent dans tous les cas un manque d’ouverture des Français. Qu’elles se vérifient ou non, il est indiscutable que l’intérêt des Français se limite à l’Hexagone, et que les médias tentent rarement de leur faire découvrir de nouveaux horizons.

Cela explique aussi pourquoi il y a aussi peu d’éléments sur l’outre-mer et l’étranger dans la Patrimathèque, parce qu’il y a en fait peu de vidéos qui ne portent pas sur la France métropolitaine.

Malgré quoi, nous pouvons tout de même analyser les quelques émissions sélectionnées dans la Patrimathèque.

On constate que les journalistes de télévision, quand ils parlent de l’étranger, le font de manière bien spécifique. Nous distinguons deux approches ou traitement typique du patrimoine étranger:

 

Voyage en Espagne (1959)

1. L’approche touristique

C’est le principal angle permettant de traiter de patrimoine étranger. Elle est inspirée par les récits de voyage et ressemble parfois à un guide touristique. Il s’agit alors de passer en revue les sites remarquables d’un pays étranger (ici l’Espagne), soit pour en proposer une visite virtuelle, soit pour donner aux téléspectateurs des idées de visite.

 

Les trésors de Damas et d’Alep (1966)

2. Un goût pour l’exotisme

Le patrimoine étranger peut intéresser les Français dans le cas où il diffère très fortement de celui qu’ils connaissent dans leur pays. L’intérêt se porte sur ces différences, généralement exacerbées dans les discours: c’est bien leur caractère « exotique » qui est mis en avant.

Les médias français portent donc sur le patrimoine étranger un regard déformant, un regard très franco-centré. Ces exemples sont représentatifs de la manière dont les Français perçoivent de manière générale l’histoire et la géographie étrangère.

Thalassa, le magazine de la mer est une des rares émissions françaises à s’ouvrir à l’étranger, et cela tient à sa thématique: c’est un magazine qui est dès l’origine plus ouvert sur l’étranger que les autres émissions. A la différence de Voyage sans passeport, Thalassa a une approche moins touristique et propose une autre forme de découverte sans pour autant tomber dans l’exotisme. Ce magazine, qui a une forte conscience patrimoniale (de l’environnement et des ressources marines), ne traite pas les territoires qu’il visite comme des musées à ciel ouvert contrairement à beaucoup d’autre programmes ; ce sont des espaces très vivants, et Thalassa va aussi à la rencontre d’ individus qui y vivent.

 

3. Les catastrophes

Enfin, la raison majeure qui va conduire les médias français à subitement s’intéresser au patrimoine étranger: quand celui-ci est victime de catastrophes humaines ou naturelles.

Quelques exemples:

Inondation monstre à Florence (1966)

Florence
L’année 1966, la ville de Florence est marquée par l’une des plus grandes catastrophes de son histoire contemporaine. Dans la nuit du 3 au 4 novembre, le fleuve Arno, alors en crue, sort de son lit et inonde la ville. Florence fut ravagée par les boues qui ont rendu les logements rendus inhabitables et plongé les habitants dans une crise humanitaire. Le patrimoine fut aussi durement affecté: des monuments furent inondés, les œuvres d’art furent englouties, et les livres de la bibliothèque nationale italienne furent submergés dans la boue.

En Croatie, un patrimoine mondial sous les bombes (1991)

La Croatie
Lors de la guerre entre Serbe et Croates au début des années 1990, la ville historique de Dubrovnik fut bombardée. Dans ce cas précis, on peut suspecter que l’intérêt international pour cette ville ait un rapport avec son caractère touristique (on voit des touristes prendre des photos dans le reportage). Sans ce caractère touristique, l’intérêt international aurait peut-être été moindre.

 

Par la suite, d’autres catastrophes touchant au patrimoine vont attirer l’attention des médias français:

  • La destruction des bouddhas de Bâmiyân par les Talibans en 2001
  • La destruction de la cité antique de Palmyre, en 2015, par Daesh

 

Bibliographie
  • 1

Fiche: l’étranger