Quand le tourisme de masse enlaidit les plages (1982)

« L’aménagement des plages »
Chefs d’œuvre en péril
28/08/1983
Antenne 2

C’est l’exemple même de ce qu’il ne fallait pas faire, et de ce que l’on ne fera, j’espère plus, ou de moins en moins. Pourquoi ? Parce que c’est une espèce de monstre créé ex nihilo à partir de rien. (Yvan Christ, critique d’art, au sujet de la Grande-Motte)


Comment cette vidéo éclaire le patrimoine?

Le journaliste Pierre de Lagarde interroge ici six experts pour juger du projet d’aménagement de la Grande-Motte. Son architecture est tour à tour attaquée et défendue. Au cœur du débat se situe la question de l’intégration au paysage côtier. La Grande-Motte est accusée de défigurer le site, de reproduire dans un lieu de villégiature qui appellerait plus de modestie et d’harmonie, l’apparence d’une ville et un habitat trop artificiel.


Commentaires

Analyse média

Ce numéro de Chefs d’œuvre en péril s’insère dans un débat sur l’aménagement des littoraux, entamé à la télévision plusieurs années auparavant par La France défigurée. Traitant du sujet avec quelques années de retard, Pierre de Lagarde en profite pour faire le bilan des aménagements côtiers et notamment des critiques qu’ils ont suscité.

Détail à noter
La musique qui accompagne la séquence a des sonorités modernes au regard des compositions des années 1980, avec un synthétiseur très présent. Cela permet de souligner le modernisme des constructions de la Grande-Motte. A l’inverse, sur la séquence consacrée à Port-Grimaud, exemple considéré plus réussi par les intervenants de l’émission, la musique se fait douce pour marquer l’harmonie entre la ville et le site naturel.

Plus de vidéos
Dans la Patrimathèque
Un numéro de 1972 de La France défigurée dans lequel les journalistes essaient d’éviter ce genre de résidence pour tourisme de masse sur la côte bretonne ▶︎


Sur ina.fr

Trois autres extraits de l’émission: sur Port-Grimaud ▶︎, sur la marina « Baie des anges » à Antibes ▶︎, et sur Le Touquet ▶︎
Une émission de 1985 sur la bétonnisation du littoral aux Sables-d’Olonne avec un mea culpa du promoteur Guy Merlin ▶︎

Qui est-ce ?
Biographie de Pierre de Lagarde ▶︎
Thématiques à explorer
#la protection des littoraux ▶︎
#le patrimoine naturel
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#biographie: Pierre de Lagarde
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Document bonus

Lisez la critique publiée par Télérama en 1983 au sujet de cette émission. ▶︎


A découvrir

La station balnéaire de La-Grande-Motte ▶︎


Idée de visite

Le tourisme dans le Languedoc ▶︎


Quand le tourisme de masse enlaidit les plages (1982)

Télérama


    Si tous les Européens décidaient d’aller au bord de la mer en même temps, chacun disposerait de dix centimètres de littoral. Hypothèse ridicule, certes, mais qui nous donne une idée du problème qui se pose aux architectes auxquels on a demandé, dans les années cinquante, de construire pour abriter les nouveaux vacanciers nés du Front Populaire. Sûr que, devant le tableau, on pense aux dessins féroces de Reiser : quand les riches partent en vacances, c’est beau, c’est chic ; quand les pauvres partent en vacances, c’est une calamité. Reste qu’il faut, ma chère, vivre avec son temps et que tout le monde à(sic) le droit de vouloir aller au bord de la mer !
    Sous la poussée de ces impératifs, ont jailli la Grande Motte, Marina Baie des Anges et autres curiosités architecturales. L’émission ne juge ni ne condamne. Et si l’opinion de Pierre de Lagarde transparait néanmoins, force est d’admettre qu’il a su faire preuve du maximum d’objectivité possible. Interviewés, architectes et critiques d’art soutiennent ou fustigent, avec ferveur et fiévreusement. Comme ils sont tous aussi convaincants, le téléspectateur reste totalement libre de son appréciation, voire de son indécision. Où l’on comprend que, outre les nécessités économiques et politiques, tout est ici affaire d’esthétique, selon les critères de chacun.

Télérama n°1756 de la semaine du 27/08/1983