Les pavillons des Halles sont en train d’être détruits (1971)



« Adieu Baltard »
Quatrième Lundi
21/12/1971
1ère chaîne

 

C’est une œuvre délicieuse, à l’occasion bâtiment utilitaire. C’est le chef d’œuvre.

Comment cette vidéo éclaire le patrimoine?

Cet extrait débute par une conversation entre un journaliste et l’architecte Fernand Pouillon. Il explique pourquoi les pavillons de Baltard sont riches d’un intérêt historique et esthétique.

Puis, une séquence présente des métiers de la boucherie, le quotidien des bouchers, de leur travail à leur pause. Un « fort » des Halles parle de son métier.

Plus tard dans le document, une courte séquence rend compte de l’avancement du chantier et donne à voir des gravats et des matériaux qui brûlent. C’est une vision de désolation très triste des anciens pavillons. Certains des éléments architecturaux, que l’on aperçoit démontés et entassés, seront ensuite revendus aux enchères par des ferrailleurs, et acquis par les quelques collectionneurs conscients de leur valeur architecturale et historique.


Commentaires

Analyse média

La séquence intervient tardivement dans ce programme, notamment après des scènes décrivant les métiers anciens qui existaient aux Halles jusqu’au déménagement du marché. Au fil des mois de polémique, l’opinion d’abord préoccupée par la disparition du Paris populaire, des commerce et des vieux métiers, a trouvé un intérêt dans les pavillons de verre et d’acier.

Détail à noter
Le plan panoramique à 360° filmé depuis le centre d’un pavillon en train d’être démonté donne le sentiment d’être au centre d’un champ de bataille.
L’air mélancolique que l’on entend en fond a donné son titre à l’émission et a pour paroles « Adieu Baltard ». Tout est fait ici pour inspirer la pitié.

Plus de vidéos
Dans la Patrimathèque
Un reportage sur Orrin Hein, le milliardaire américain qui a tenté de sauver les pavillon juste avant leur destruction ▶︎


Sur ina.fr

Dans la suite de l’émission, l’architecte Fernand Pouillon critique fortement le projet d’aménagement des Halles, qu’il qualifie de « saloperie » ▶︎

Thématiques à explorer
#le patrimoine du XIXe et du XXe siècle ▶︎
#les polémiques
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Document bonus

La genèse de ce documentaire expliquée par son auteur et par l’ORTF  ▶︎

« 1971: Paris, Halles de Baltard » une photographie de par Jean-Claude Gautrand montrant la destruction des Halles  ▶︎ (découvrir le reste de son travail ▶︎)


A découvrir

La Canopée des Halles, inaugurée en 2016 ▶︎


Les pavillons des Halles sont en train d’être détruits (1971)
Bulletin de presse ORTF du mardi 21 décembre 1971
 
 
     Des semaines de patience, deux mois et demi de tournage : Georges Walter, que les téléspectateurs connaissent bien, que les lecteurs ont apprécié et apprécient ("La Ballade pour Sacramento Slim") s’est passionné pour ces adieux à un monde en voie de disparition, pour cet "Adieu Baltard", qu’il a réalisé sur les Halles de Paris, le "Ventre de Paris" comme les a appelées, le premier, Emile Zola.
    –Ce sont les adieux, dit Georges Walter, à un univers qu’on ne verra plus jamais, aux "Hommes sanglants"… les gens de la boucherie, les "Meneur de viande", qui seront définitivement partis dans un an et demi ; adieu aussi à huit siècles d’histoire, à des personnages pittoresques, à un milieu secret et assez mal connu…
***
    Dans une première partie, Georges Walter évoquera les Halles à travers l’histoire ; dans une deuxième séquence, il traitera des pavillons de Baltard et la polémique qu’ils ont suscitée ; enfin, dans un dernier volet, il présentera les personnages et le peuple des Halles.(sic)
***
    Peuple truculent, gaillard, les gens déhales possède un passé prestigieux, qui remonte à un "premier marché" connu en 1110, avant même que Philippe-Auguste ne construise, en 1183, des "abris permanent", nobles ancêtre des pavillons de Baltard. Au XVIIIe siècle, les Halles ont aussi une petite chapelle dédiée à Sainte-Agnès (sic). Prêt de trois siècles plus tard, commence la construction de l’église Saint-Eustache, la plus belle de Paris après Notre-Dame, qu’on mettra cent-cinq ans à terminer. Berlioz il présentera son Te Deum, et Liszt sa messe de Gren. Les obsèques de La Fontaine, Molière, Mirabeau, Rameau et de la mère de Mozart seront célébrées. A l’ombre de Saint-Eustache, le monde des Halles ne cesse de s’étendre, dans le 1er arrondissement de Paris, entre la rue de Rivoli, le boulevard de Sébastopol, la rue Etienne Marcel et la rue Croix des Petits Champs. Des milliers de tonnes de marchandises, pour des millions de bouche à nourrir, y transitent chaque jour.
    C’est la bourse de l’alimentation, le royaume des bousculades sonores, des porteurs de cageots et de carcasses, des conducteurs de charrette et de "diables", de voiturettes électriques, de camions petit et énormes.
    Reste pourtant comme moyenâgeuse et des himalayas de victuailles nait le paradis des odeurs. Mais en 1948 ça annonce déjà la fin de semaine. On pense à déménager les Halles de Paris. Le moment approche de la démolition des fameux pavillons, témoins d’une époque et d’un style de construction métallique, dont Victor Baltard a entrepris l’édification en 1854…