Alerte: monuments en péril

Le patrimoine est né d’une prise de conscience, celle de la fragilité des monuments et des édifices. Avant qu’il y ait une prise de conscience, il faut un constat. Or, à la fin des années 1950 et au début des années 1960, plusieurs amoureux des « vieilles pierres » sonnent l’alerte: beaucoup de monuments et de quartiers sont en péril.

 

Les monuments, les oubliés de la guerre et de la Reconstruction

    A la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec un pays à reconstruire et des institutions à restaurer, l’urgence n’était pas aux monuments historiques, surtout quand ils avaient été épargnés par le conflit. Il a fallu attendre que le pays retrouve sa stabilité routinière et que les Français se réhabituent à la paix pour que le problème du patrimoine émerge.

Date à retenir:
1950, début de la Reconstruction en France

     Ainsi, pendant l’Occupation et les années qui ont suivi la fin du conflit, plusieurs sites historiques ont été négligés. Même le célèbre château de Versailles était dans un piteux état.

 

Les monuments victimes de négligences

     Mais la guerre n’est pas la seule responsable: jusque dans les années 1960, l’entretien des monument n’est pas courant. Il n’y avait pas de prévention comme aujourd’hui. Même les monuments qui ont fait la célébrité de leur ville, il a parfois fallu attendre que la situation soit critique pour que des travaux soit entrepris. C’est le cas du pont d’Avignon.

     Beaucoup d’immeubles étaient ignorés dans les vieux quartiers. Recouverts de crasse, ils ont petit à petit été oubliés et dénigrés.

 

La ville serait-elle nocive pour les monuments?

     La pollution urbaine n’est pas un phénomène nouveau, mais le problème va aller en s’accélérant durant les « Trente Glorieuses ». Les grandes villes sont particulièrement touchées car elles concentrent des habitants, des activités, des véhicules. A Paris en particulier, les façades des immeubles et des monuments sont noircis de crasse et donc méconnaissables.

     Or la pollution urbaine ne fait pas que voiler l’apparence des édifices, elle altère aussi en profondeur leurs matériaux extérieurs comme la pierre des façades. A cette époque, l’entretien n’est pas encore aussi régulier qu’il va le devenir.

Date à retenir:
1945-1975, période dite des « Trente Glorieuses »

Vers un basculement de l’opinion

     Jusqu’aux années 1950 comprises, l’indifférence était assez générale à l’égard des monuments et des vieux quartiers. Seuls quelques membres d’une élite cultivée s’en préoccupait, mais ils ne touchaient pas l’opinion.

     C’est seulement à partir des années 1960 que les grands médias s’intéresseront à ces questions. Cette décennie marque donc le début d’une prise de conscience collective, grâce au ministère de la culture mais aussi aux médias. On assiste à de premières mobilisation collectives, comme c’est le cas à Reims où le mécénat industriel a permis d’aider des restaurations.

     Les années 1960 sont donc marquées à la fois par une inquiétude et un début d’espoir.

Vidéos

 

 

 

 

 

La misère du château de Versailles (1951)

 

 

 

 

 

Le pont d’Avignon en péril (1963)

 

 

Quand les monuments de Paris disparaissaient sous la crasse (1963)

 

Quand le monde de l’entreprise vient à l’aide de la cathédrale de Reims (1969)

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