La nature est un patrimoine

 

 

L’environnement, une préoccupation nouvelle

 

     La protection de la nature a une histoire qui remonte au début du XXe siècle avec de premières mesures, mais c’est essentiellement dans les années 1970 que les progrès majeurs seront accomplis.

Date  à retenir: 1930, la loi sur les monuments protège aussi certains sites naturels (ils sont classés comme les autres monuments)

     A la fin des années 1960, deux événements ont attiré l’attention des Français sur l’environnement : en 1967 d’abord, la marée noire provoquée par le pétrolier Torrey Canyon est la première catastrophe environnementale abondamment évoquée dans les médias français.

La catastrophe du Torrey Canyon

      Puis, deux ans plus tard, la controverse du parc de la Vanoise marque les esprits et constitue la première victoire d’une lutte pour l’écologie.

Le parc naturel de la Vanoise 

 

La protection du patrimoine naturel

     La protection du patrimoine naturel va s’accentuer à partir du moment où l’opinion s’intéresse à l’environnement, soit dans les années 1970. La majorité des dispositifs date de cette période, même si quelques mesures existaient auparavant.

     Dès lors, la question de l’environnement va devenir rapidement un domaine de préoccupation majeur qui va marquer la société française des années 1970. La France n’est pas la seule concernée puisque la Communauté Economique Européenne déclare 1970 « année européenne de la nature ».

Date à retenir
1967: création des parcs naturels régionaux en France.

 

Depuis, le patrimoine (dont l’environnement) a été affecté par d’autres catastrophes qui ont attiré l’attention du public.

Fiche: les catastrophes touchant le patrimoine

 

Le littoral, un espace fragile, des aménagements controversés

     Plusieurs environnements se trouvent affectés, sinon bouleversés par la modernisation du territoire: le campagnes, les montagnes, mais aussi beaucoup les littoraux. Avec le développement d’un tourisme de masse, et du fait de l’attrait des mers, s’exerce ce qu’on appelle une forte pression foncière: les promoteurs immobiliers essaient cherchent à construire des résidences et des stations balnéaires pour satisfaire cette clientèle.

     Durant un certain temps, les précautions ont été minimes, et de nombreuses constructions ont été accusées d’avoir défiguré les villes et les paysages côtiers. Le cas de la grande Motte est emblématique et a suscité de très vives critiques.

     Plus tard, les aménageurs et les géographes ont pris conscience que le tourisme de masse, suscité par ce genre de grande station balnéaire, était néfaste pour le site naturel et n’ont plus reproduit ce genre de cité balnéaire.

 

La lutte contre les pollutions

     La question environnementale est en fait liée à une préoccupation croissante des Français de cette époque: celle de leur cadre de vie. La fin des années 1960 et le début des années 1970 sont marquées par une accélération des transformations des paysages et des modes de vie, autant en ville qu’à la campagne. Une partie croissante de l’opinion publique s’interroge sur les effets de la modernité, d’autant que le patrimoine (au sens large) semble en être la victime.

     Les nouveaux modes de vie et les choix d’aménagement ont amplifié le problème des pollutions. Les décharges sauvages en bordures de villes sont de plus en plus critiquées et semblent de plus en plus nombreuses. Mais il y a aussi le problème de la circulation, l’automobile prenant de plus en plus de place en ville, et de plus en plus de routes sont construites sur le territoire.

     La pollution n’est pas seulement la dégradation d’un milieu ou l’atteinte à la santé des espèces, elle concerne aussi les sens: une pollution peut affecter la vue, l’ouïe ou l’odorat.

Le patrimoine naturel ne doit plus être négligé

     La nécessité de concilier développement économique, industriel et urbanistique, avec protection des ressources naturelles et du cadre de vie, est actée dans la deuxième moitié de la décennie 1970. De plus en plus, les patrimoines culturel et environnementaux seront traités conjointement.

     La nature est encore toutefois loin d’être totalement protégée, et il faut autant continuer la sensibilisation que les mesures de protection.

 

Bibliographie
  • Delporte Christian, « “N’abimons pas la France!” L’environnement à la télévision dans les années 1970 », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 113, janvier 2012, p. 55‑66.
  • Flonneau Mathieu, «Georges Pompidou, président conducteur, et la première crise urbaine de l’automobile », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 61-1, 1999, p. 30‐43.
  • Jacob Jean, Histoire de l’écologie politique, Paris, France, A. Michel, 1999.
  • Le Hégarat Thibault, « La  France défigurée, première émission d’écologie à la télévision », Le Temps des médias, 25, 2015, p. 200‑213.
  • Sire Marie-Anne, La France du patrimoine : les choix de la mémoire, Paris, Gallimard Monum, Éditions du patrimoine, 2005.
  • Di Méo Guy, « Patrimoine et territoire, une parenté conceptuelle », Espaces et société, 78, 1994.
Vidéos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un sujet du JT en 1967 sur la catastrophe du Torrey Canyon 

 

Comment a été accueillie en 1966 l’annonce de la création du Parc naturel de la Vanoise
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le littoral breton menacé par le béton (1972)
Quand le tourisme de masse enlaidit les plages (1982)

 

Une émission de 1985 sur la bétonnisation du littoral aux Sables-d’Olonne avec un mea culpa du promoteur Guy Merlin 

 

 

 

Une décharge sauvage à Franconville (1972)

 

Anecdote: de 1977 à 1978, la culture et l’environnement étaient regroupés dans un seul et même ministère. Le ministre Michel d’Ornano le justifiait à la télévision 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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