Il faut conserver les traces de l’industrie (1999)

« Patrimoine: que faire des traces de l’histoire récente? »
Caractère
10/10/1999
France 3 Lorraine

 

Le jour où ils ont détruit, où j’ai vu le premier hall tomber, je ne vous cache pas que j’ai eu la larme à l’œil. C’est une partie de soi-même qui s’en va.

Comment cette vidéo éclaire le patrimoine?

Ce numéro du magazine Caractère s’interroge sur ce qui peut être conservé du passé industriel du nord-est de la France, et comment le faire. Tout au long des reportages, on comprend que la conservation des traces de l’industrie est d’abord motivée par la volonté de garder la mémoire des lieux, une mémoire du travail et de la souffrance.

Trois anciens ouvriers de Vireux-Molhain dans les Ardennes se remémorent le travail dans les usines tout en commentant leur visite sur les sites désaffectés. Ils auraient aimé que des outils ou des machines soient conservées, mais ils doivent se contenter de leurs souvenirs; l’historien André Majewski le déplore aussi, alors que cela aurait permis d’expliquer ce passé aux nouvelles générations.

A Longwy, les hauts fourneaux ont été dynamités. Après un siècle et demi de sidérurgie, il suffit de moins de 20 ans pour que le passé sidérurgique disparaisse du paysage, mais pas des esprits. Là aussi ce sont les anciens ouvriers qui entretiennent le souvenir et s’occupent des vestiges.
Ce risque de voir la mémoire disparaitre est bien réel pour Bernard Colnot, ancien ingénieur en chef dans la sidérurgie, président de l’association Mémoire culturelle et industrielle en Lorraine, qui s’entretient sur le plateau avec le journaliste Michel Barthen.

Le cas est différent en Allemagne, où les usines désaffectées de la Sarre sont considérées comme un patrimoine culturel mondial. Elles sont bien conservées, et ouvertes au public et appréciées des visiteurs.


Commentaires

Analyse média

Quel que soit le lieu, les témoignages d’anciens ouvriers sont souvent emplis d’émotion. Les émissions de télévision les montrent avec tantôt des sanglots dans la voix, tantôt la larme à l’œil. Cela permet peut-être de susciter l’empathie des téléspectateurs qui n’ont pas connu le monde difficile de l’industrie.

Détail à noter
Le choix des mots masque parfois la réalité des faits. Ainsi selon le commentaire, la disparition de l’activité industrielle et des emplois est de la faute des pelleteuses et des bulldozers, pas des dirigeants et des financiers qui ont pourtant bien décidé de mettre les usines à l’arrêt.

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