Fiche: Quand le patrimoine n’intéressait qu’une petite élite

fiche analyse

 

à retenir

  • le patrimoine appartient à l’origine à la culture bourgeoise
  • tous les Français ne se sont pas toujours intéressés au patrimoine
  • le fait d’apprécier le patrimoine est donc un goût construit culturellement

 

chronologie

  • années 1950: le patrimoine avant le patrimoine ▶︎
  • années 1960 ▶︎

 

autres fiches

  • comment le patrimoine est devenu populaire ▶︎
  • la passion des Français pour le
    patrimoine ▶︎

 

 

 

 

 

 

  fiche biographique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi peut-on dire que le patrimoine a d’abord été une préoccupation de l’élite?

 

Depuis la Révolution Française, le patrimoine est dit « national » mais en réalité, jusqu’au XXe siècle, seule une minorité – les plus instruits et les notables – y avait accès.

 

S’intéresser au patrimoine dans les années 1950 c’était:

  • Un signe de la culture bourgeoise qui est expliqué par l’éducation reçue par l’élite, qui accorde beaucoup d’importance aux lettres, aux langues anciennes, à l’histoire de art.
  • Une pratique sociale des milieux aisés, de celles et ceux qui ont l’éducation appropriée, un goût pour le sujet, et qui ont du temps à consacrer aux visites.
  • Une pratique distinctive c’est-à-dire qui permet de se signaler comme un membre de cette élite cultivée, et qui permet de reconnaître ceux qui y appartiennent aussi.
De nouvelles grilles pour le château de Versailles (1956)

Le meilleur exemple est cet extrait d’un JT pour l’occasion de l’inauguration des nouvelles grilles du château de Versailles en 1956. On peut y voir un petit nombre d’invités privilégiés dont les tenues font fortement penser qu’il s’agit d’une élite économique et culturelle: les femmes portent des bijoux, les hommes sont en costume, et les deux portent des couvre-chefs très chics.

 

D’autres programmes montreront que la découverte du patrimoine est une pratique bourgeoise.

Ballade strasbourgeoise (1959)
Découverte de Bordeaux (1966)
Voyage en Espagne dans la cité de Tolède (1959)

 

 

 

 

 

 

 

 

Chefs d’œuvre en péril: les quartiers anciens (1964)

Le créateur de Chefs d’œuvre en péril, Pierre de Lagarde, faisait partie de cette élite cultivée et très préoccupée par le patrimoine. Il en parle d’ailleurs parfois avec érudition et non sans quelques préjugés qui témoignent d’un goût classique et bourgeois. Pourtant, il a toujours voulu, dès les années 1960, transmettre cet intérêt pour le patrimoine à des catégories nouvelles, moyennes et populaires. Il pressentait que, pour sauver le patrimoine en danger, il fallait y intéresser tous les Français.

 

C’est ainsi qu’on a assisté à une démocratisation du patrimoine au cours du XXe siècle.

Fiche: Quand le patrimoine n’intéressait qu’une petite élite